PRETE Burundi : comment financer sa PME au-delà des garanties classiques ?
À propos de cet épisode
Comment un pays construit-il un programme pour transformer son secteur privé et créer 22 000 emplois ?
Dans cet épisode de Miradi Podcast, direction le Burundi pour découvrir PRETE - le Projet pour l'Emploi et la Transformation Économique, initiative du Gouvernement du Burundi mise en œuvre avec l'appui de la Banque mondiale.
Notre invitée, Béatrice Nzeyimana, coordonnatrice nationale du projet, nous ouvre les coulisses d'un programme né d'un diagnostic sans détour : accès limité au financement, pénurie de devises, compétitivité en difficulté, climat des affaires à réformer. Elle explique comment PRETE tente d'y répondre à travers un fonds de garantie qui débloque le crédit sans hypothèque classique, un futur registre électronique des sûretés mobilières, des concours de plans d'affaires ciblant les PME, les femmes et les réfugiés urbains, et un accompagnement déployé jusque dans les provinces les plus reculées.
On y parle aussi des chiffres qui surprennent et des leçons que Béatrice Nzeyimana tirerait si elle devait reproduire ce type de programme ailleurs.
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Fary GUEYE (00:00)
Bonjour à tous, merci de nous rejoindre sur Miradi Podcast. Je suis ravie de vous retrouver aujourd'hui et surtout pour vous amener au Burundi. Donc, on va aujourd'hui au cœur de l'Afrique de l'Est pour découvrir un programme du nom de PRETE. Donc, c'est le Projet pour l'Emploi et la Transformation Économique qui est mis en œuvre par la Banque mondiale. Et pour en parler, nous avons la chance d'accueillir la coordonnatrice du projet. Merci beaucoup, Madame Béatrice Nzeyimana, de nous rejoindre. Je vais vous laisser vous présenter d'abord.
Beatrice NZEYIMANA (00:32)
Merci beaucoup. Je suis Béatrice Nzeyimana, je suis la coordonnatrice nationale du Projet pour l'Emploi et la Transformation Économique. Je suis juriste de formation et avant peut-être d'être et de me retrouver au projet, j'ai travaillé pendant deux ans au niveau de la magistrature, au niveau du parquet, une année en tant que juge et une autre année en tant que magistrate. Et puis après, je suis rentrée à l'Agence de promotion des investissements, API, qui est actuellement devenue l'Agence de Développement du Burundi (ADB). Donc, à cette agence en charge de l'accompagnement des entreprises, des investisseurs et du secteur privé, j'ai travaillé pendant 10 ans dans les différents services de l'Agence, premièrement dans les services en charge de l'appui et l'accompagnement des investisseurs, l'appui et l'assistance aux investisseurs. Et j'ai travaillé aussi dans le service en charge de l'immatriculation des entreprises. J'ai fait beaucoup de réformes dans ce service d'immatriculation d'entreprises jusqu'à la digitalisation de ce service qui est actuellement utilisé, la création d'entreprises qui se fait en ligne. Après, j'ai travaillé dans le service en charge des réformes pour le climat des affaires et le développement du capital humain. Et voilà. En 2024, j'ai été recrutée pour coordonner les activités de mise en œuvre du Projet pour l'Emploi et la Transformation Économique.
Fary GUEYE (02:31)
Super intéressant, donc vous avez un côté juriste qui va être très important, j'imagine, dans votre rôle actuel. C'est super intéressant de voir ça. Donc aujourd'hui, je vais me mettre à la place d'un entrepreneur. Disons que je viens de Ngozi ou que je viens de Bubanza. Qu'est-ce que le programme PRETE change concrètement dans ma vie ? Qu'est-ce que je gagne à y entrer ?
Beatrice NZEYIMANA (02:53)
Oui, donc il y a beaucoup, beaucoup d'opportunités dans le programme PRETE. Le programme PRETE, d'abord, il faut comprendre que c'est un projet du gouvernement qui a été initié par le gouvernement et en partenariat avec la Banque mondiale. Il a bénéficié de l'appui de la Banque mondiale et le financement à hauteur de 50 millions de dollars pour accompagner le secteur privé burundais. En tant qu'entrepreneur, si vous entrez dans le programme, nous avons plusieurs fenêtres d'appui. Il y a d'abord les appuis directs aux entreprises. Donc, vous entrez dans ce cadre d'appuis directs, qui se font d'une part à travers le concours de plans d'affaires (COPA). Donc, vous soumettez votre plan d'affaires pour bénéficier d'un appui direct en tant qu'entrepreneur, vous bénéficiez en termes de subventions, d'équipements pour moderniser ou améliorer votre activité entrepreneuriale. Deuxièmement, il y a également la mise en œuvre des réformes qui contribuent à améliorer l'accès au financement pour les entreprises. C'est notamment le fonds de garantie partielle de portefeuille de crédit que nous venons de mettre en place. Donc, vous pouvez aller contacter votre banque et demander un crédit. Donc, si vous êtes éligible à ce fonds de garantie, vous pouvez bénéficier d'un crédit sans que vous n'ayez une garantie suffisante parce qu'une partie de votre crédit sera garantie par le fonds que nous venons de mettre en place dans le cadre du programme PRETE. En plus de ça, nous sommes en train de développer le registre électronique des sûretés mobilières. C'est une innovation qui n'était pas sur place au Burundi et qui va permettre aux entreprises, aux entrepreneurs de pouvoir accéder au crédit tout en mettant en garantie les biens meubles, ce qui ne se faisait pas parce que jusqu'à aujourd'hui les banques et les institutions financières demandent des hypothèques classiques qui sont les titres de propriété, les titres fonciers. Voilà, alors avec le registre électronique des sûretés mobilières on pourra... Les institutions financières pourront donner des crédits aux petites et micro-entreprises avec des hypothèques non classiques.
Fary GUEYE (05:30)
Ok, ça c'est un point intéressant sur lequel je pense qu'on va revenir. On va revenir dessus dans la seconde partie de ce podcast. Mais peut-être avant d'aller un peu plus loin, vous avez mentionné que c'est une initiative du gouvernement, donc ce projet-là. Et je voudrais savoir donc comment est-ce que ça s'est concrètement passé parce que justement il y a eu un diagnostic qui a été fait sur le secteur privé burundais. Et c'est de ce diagnostic, si je comprends bien, que le projet est né. Est-ce que vous pouvez nous en dire plus ? Qu'est-ce que vous avez noté dans ce diagnostic-là qui vous a alerté et qui vous a conduit à la création du projet PRETE ?
Beatrice NZEYIMANA (06:08)
C'est un diagnostic qui a été fait par le gouvernement avec l'appui technique et financier de la Banque mondiale. Le diagnostic a relevé pas mal de défis au niveau du secteur privé. Le diagnostic a mis en exergue les problèmes que rencontrent les entreprises, à savoir l'accès limité au financement, l'accès limité au crédit. Et il y avait également, et il y en a encore, des problèmes d'accès aux devises pour la plupart des entreprises. Il y avait aussi des problèmes d'accès au marché, ainsi que des problèmes de compétitivité des entreprises burundaises. Il y avait aussi d'autres problèmes liés aux réformes, au manque de réformes, l'insuffisance de réformes pour améliorer le climat des affaires, que ce soit les réformes légales et institutionnelles pour pouvoir améliorer le climat des affaires au Burundi. Voilà, c'est sur la base de tous ces défis que nous avons préparé le Projet pour l'Emploi et la Transformation Économique. Si je dis que nous avons préparé, c'est parce que je travaillais à l'Agence de Développement du Burundi et c'est l'Agence de Développement du Burundi qui a préparé le projet en collaboration avec la Banque mondiale. Donc c'est l'Agence de Développement du Burundi qui représente le gouvernement du Burundi dans la mise en œuvre du projet.
Fary GUEYE (07:41)
Votre côté juriste a été très important dans la création de ce projet-là. Donc, si je comprends bien, il y a différentes parties du gouvernement, différents corps du gouvernement ou bien des agences publiques burundaises qui ont été mobilisées pour créer ce projet-là et pour le mettre en place. Mais donc, comment se passe la coordination au quotidien ?
Beatrice NZEYIMANA (08:07)
Au niveau de l'ancrage institutionnel du projet, le projet est géré au quotidien par une unité de gestion dédiée, mais une unité de gestion qui est au sein de l'Agence de Développement du Burundi. Donc étant une agence en charge de la promotion des investissements, de l'accompagnement des investisseurs, la création et l'accompagnement des entreprises. Voilà, donc c'est vraiment l'agence qui était, je dirais, la plus appropriée pour pouvoir gérer ce projet, étant donné que dans ses missions habituelles, c'est vraiment l'acteur public du secteur privé. Voilà, il y a un certain nombre de services qui vont dans le sens d'accompagner le secteur privé. Même si l'Unité de gestion est logée à l'Agence de Développement du Burundi, l'Unité de gestion a un caractère autonome et indépendant dans la gestion du programme. L'Unité de gestion interagit avec d'autres institutions qui interviennent dans le développement du secteur privé, notamment la Chambre Fédérale de Commerce et d'Industrie du Burundi, qui est, je dirais, le représentant légal du secteur privé du Burundi. Il y a également d'autres institutions. Nous collaborons en même temps avec le Ministère de la Justice, pour ce qui est de la justice commerciale. Le tribunal de commerce justement, ça, je pourrais y revenir dans le cadre de l'amélioration du climat des affaires, mais il y a également d'autres institutions comme le Ministère de l'Agriculture, du Commerce et de l'Industrie dans ses attributions, une multitude d'institutions publiques et privées.
Fary GUEYE (10:18)
Merci beaucoup, ça me permet aussi de mieux comprendre qui intervient dans ce projet-là. Et peut-être maintenant je vais plus parler des secteurs que vous mettez en avant, parce que donc dans ce diagnostic, j'imagine qu'il y a des secteurs que vous avez identifiés comme étant les plus urgents à améliorer ou à stimuler. Et donc si je comprends bien, il y a le secteur avicole, le secteur fruitier, la pisciculture, les mines et le lait qui sont des industries que vous mettez en avant. Moi, je me suis demandée justement pourquoi ce choix-là sur ces industries, sachant que le Burundi est quand même connu historiquement pour tout ce qui est café et thé aussi. Donc, pourquoi est-ce que vous avez fait ce choix-là sur ces différents autres secteurs ?
Beatrice NZEYIMANA (11:06)
Merci beaucoup. Oui, le Burundi est connu comme un exportateur du café et du thé, mais ça ce sont des secteurs prioritaires, je dirais, des secteurs prioritaires classiques pour le Burundi. Mais après un temps, on a constaté que les secteurs prioritaires classiques ne suffisaient pas pour développer le secteur privé ou pour faire du secteur privé le moteur de développement. Donc nous avons longtemps compté sur le café et le thé et ces secteurs contribuent au développement du pays, mais nous avons aussi constaté avec le temps qu'il y a aussi la naissance d'autres secteurs potentiellement porteurs d'impact qui pourraient contribuer au développement économique, à la transformation du pays et à la création d'emplois. Actuellement, le monde fait face justement au défi de création d'emplois pour les jeunes.
Fary GUEYE (12:08)
Je comprends très bien et peut-être pour rentrer un peu plus dans le vif du programme, j'aimerais savoir, aujourd'hui vous ciblez d'accompagner, mais aussi de financer 1600 MPME, des entreprises, avec un focus sur les femmes, mais aussi les réfugiés. Je voudrais savoir comment est-ce que vous garantissez que ce ne soient pas seulement les mêmes entreprises ou bien les mêmes personnes qu'on retrouve dans votre programme, mais que tout le monde, même si je suis à Bubanza ou bien que je suis à Kirundo, que je puisse quand même avoir accès à ce programme-là.
Beatrice NZEYIMANA (12:41)
Oui, nous devons garantir l'équité et l'inclusion dans la mise en œuvre de ce programme. Nous avons mis en place des mécanismes, des mesures pour l'intégration des bénéficiaires prioritaires, comme tu le dis, ce sont les femmes et les réfugiés. Les femmes, elles ont un quota de 50 % des bénéficiaires et les réfugiés à hauteur de 6 % des bénéficiaires dans la mise en œuvre des actions du projet. Donc, par exemple, pour ce qui a déjà commencé, c'est notamment le concours de plans d'affaires pour octroyer des subventions aux micro-petites et moyennes entreprises. Nous avons lancé une campagne de sensibilisation sur tout le territoire du pays. Nous avons parcouru toutes les provinces du pays. Nous avons sensibilisé tous les entrepreneurs. Nous en avons aussi informé également les femmes. Nous passons via les organisations formelles des femmes entrepreneures. Nous avons aussi rencontré les représentants ou les organisations qui travaillent avec les réfugiés pour les informer de l'opportunité et mobiliser les réfugiés. Là, quand on parle de réfugiés, on parle beaucoup plus des réfugiés urbains qui exécutent des activités génératrices de revenus.
Fary GUEYE (14:13)
Ok, très clair. Donc, pour ces réfugiés-là, comment est-ce que vous réussissez à convaincre que ce soit les banques ou bien le FIGA, donc le Fonds de Garantie, de PRETEer certaines sommes à un projet qui est encore fragile ou bien un projet qui vient de commencer ?
Beatrice NZEYIMANA (14:33)
Oui, un projet qui vient de commencer peut être porteur d'impact. Dans la vie d'une entreprise, il y a des activités, il y a des projets qu'on initie et il y en a qui réussissent, mais il y en a aussi qui ne réussissent pas. C'est comme la vie d'un homme, c'est une entreprise et il y a une fin. Donc, un projet qui vient de commencer peut être porteur d'impact. Nous comptons aussi sur l'expertise des banques dans l'analyse des dossiers des demandeurs de crédit. C'est pourquoi on a mis en place un fonds de garantie qui est géré par le FIGA, mais les crédits sont octroyés par les banques et les institutions de microfinance. Donc c'est le même circuit, c'est le circuit habituel des octrois de crédit, l'analyse des dossiers des demandeurs de crédit, mais juste le fonds vient appuyer les institutions là où elles vont constater qu'un entrepreneur a un projet rentable, porteur d'impact, mais qu'il n'a pas assez d'hypothèques. C'est là où le Fonds de garantie va intervenir pour permettre à cet entrepreneur de développer son activité, même s'il n'a pas d'hypothèques suffisantes.
Fary GUEYE (15:54)
Ok. Donc, ça, c'est une communication que vous faites aussi durant les campagnes d'appels à participation. Parce que je ne sais pas si les réfugiés ou bien les entrepreneurs se rendent compte justement que ces mécanismes existent ? Donc est-ce que vous dans votre communication avec ces potentielles entreprises qui peuvent participer, vous le mettez en avant ?
Beatrice NZEYIMANA (16:21)
Oui, justement, nous faisons des campagnes de sensibilisation et non seulement pour les projets qui viennent de naître parce que parmi les bénéficiaires, il y a les entreprises formelles et même informelles. Donc, nous sensibilisons, même ceux qui travaillent dans l'informel. Ces entreprises ou ces activités sont éligibles au programme PRETE. Donc, nous essayons de porter à la connaissance de tout le monde ces opportunités.
Fary GUEYE (16:49)
Ok, mais comment ça se passe pour la sélection ? Vous en tant que coordonnatrice, comment est-ce que vous évaluez finalement qui est éligible au programme ou pas ? Est-ce que vous considérez que vos critères sont rigides ou pas vraiment ?
Beatrice NZEYIMANA (17:02)
Nous venons juste de lancer la première cohorte. Le projet est en phase de démarrage des actions. Nous avons lancé la première phase et au départ, nous nous attendions à ce que nous puissions recevoir au maximum 200 demandeurs, 200 candidats demandeurs d'appui. Et puis nous en avons eu plus de 750. Voilà, c'est la première phase déjà, nous en avons eu plus de 750. Pour le moment, l'équipe d'experts qui nous accompagne dans l'organisation de ce COPA est à l'œuvre, l'équipe est en train de faire la présélection. Donc, regarder l'éligibilité. Courant de cette semaine, nous allons avoir le rapport de présélection. Et puis, heureusement, nous avons prévu aussi un programme de formation et d'accompagnement pour mieux élaborer les plans d'affaires qui feront l'objet du concours. Donc maintenant nous faisons la présélection des candidats. Nous allons présélectionner ceux qui, au regard des critères que nous avons mis en place, sont éligibles. Et puis nous allons organiser à leur endroit une formation, un accompagnement en gestion d'entreprises, en élaboration de plans d'affaires bancables. Et puis après, ils vont soumettre alors leur projet bien élaboré et nous allons sélectionner les projets qui bénéficieront des subventions dans le cadre de ce COPA.
Fary GUEYE (18:47)
Ok, d'accord très clair. Donc quels sont les critères, juste pour ceux qui nous écoutent aussi, qui voudraient participer, quels sont les critères ? Est-ce que c'est en termes de nombre d'années d'existence ? Est-ce que vous pouvez nous en dire plus ?
Beatrice NZEYIMANA (19:01)
Le premier critère, c'est d'être une entreprise burundaise. Ça, c'est le premier critère. Si vous avez une entreprise de droit burundais, même si vous êtes Sénégalais, vous pouvez participer. Le deuxième critère, il y a pas mal de critères, mais le deuxième, c'est d'avoir une existence d'au moins une année. Que ce soit une existence formelle ou une existence informelle, mais que vous ayez cette existence d'au moins une année.
Fary GUEYE (19:47)
Mais pour une entreprise informelle, qu'est-ce qu'elle vous montre comme preuve d'activité d'un an ?
Beatrice NZEYIMANA (19:55)
On demande l'attestation de reconnaissance de l'administration locale.
Fary GUEYE (20:00)
Ok. Est-ce que c'est compliqué à avoir ou pas ?
Beatrice NZEYIMANA (20:02)
Non, ce n'est pas compliqué. Normalement, au niveau de l'administration locale, au niveau de la zone, toute personne qui initie une activité, elle est connue par l'administration locale, elle peut aller demander cette attestation au niveau de la zone. Nous avons vu que beaucoup ont eu cette attestation. Ce n'est pas compliqué. Il y a un document que nous avons exigé, peut-être, qui n'a pas été très facile à avoir. C'est le casier judiciaire. Une attestation qui prouve que vous n'êtes pas poursuivi par la justice burundaise, que vous n'êtes pas parmi les gens qui ont commis des infractions pénales. Mais nous avons trouvé un mécanisme aussi de flexibilité. Nous avons accepté que les gens candidatent pendant les délais et qu'ils viennent compléter le dossier avec cette attestation de casier judiciaire après.
Fary GUEYE (21:08)
Ok, ça c'est important.
Beatrice NZEYIMANA (21:10)
Ça reste exigé, mais ça peut être soumis après les autres éléments.
Fary GUEYE (21:16)
Ok, c'est vrai. Donc ça c'est une bonne alternative justement pour ceux qui ne reçoivent pas leurs documents à temps. Et est-ce que vous avez un focus géographique aussi pour la couverture territoriale burundaise, des objectifs de représentativité ou des quotas que vous vous êtes fixés ? Non ? Ok.
Beatrice NZEYIMANA (21:36)
Non. Le projet couvre tout le territoire.
Fary GUEYE (21:41)
D'accord, mais comment est-ce que vous vous assurez que ce ne soient pas seulement des gens de Bujumbura ou bien de Ngozi qui viennent ?
Beatrice NZEYIMANA (21:51)
Nous avons fait le lancement d'abord pour le COPA, nous avons fait le lancement au niveau de Bujumbura pour informer le public, les entrepreneurs, et puis après nous avons organisé des caravanes dans toutes les provinces. Nous avons mis en place dans les provinces des antennes relais pour pouvoir appuyer la population parce que la soumission des candidatures se fait en ligne via une plateforme électronique. Nous savons qu'il y a des gens à l'intérieur du pays qui n'ont pas les capacités de pouvoir candidater. Même si nous avons mis la plateforme, même en langue nationale, le kirundi, nous savons qu'il peut y avoir des entrepreneurs qui ne peuvent pas manipuler l'outil informatique correctement pour pouvoir candidater. C'est pour cela que nous avons mis en place des antennes relais dans les provinces qui ont aidé les gens à candidater.
Fary GUEYE (23:00)
Ça me permet justement de faire la transition sur vos projections et aussi vos perspectives dans ce programme-là. Si je comprends bien l'objectif, c'est de créer plusieurs emplois d'ici 2028. Je pense qu'on est au niveau de 22 000 emplois que vous fixez pour d'ici 2028, mais comment est-ce que vous mesurez cette création d'emplois là, déjà dans le cadre du projet ?
Beatrice NZEYIMANA (23:26)
Nous allons mesurer la création de ces emplois parce qu'il y a des mécanismes que nous sommes en train de mettre en place qui permettront la création de ces emplois. En premier lieu, sur ces entreprises qui seront accompagnées, qui bénéficieront des subventions. Ce que je peux souligner, c'est que nous avons trois types de subventions. Donc nous venons tout à l'heure de parler du COPA. Ça, c'est un des trois types de subventions que nous allons mettre en place. Et le COPA vise à toucher plus de 600 entreprises. Donc ça c'est une catégorie des subventions. Nous avons aussi d'autres subventions que nous appelons les subventions à coûts partagés. Là ce sera des subventions en termes d'infrastructures productives. Et là la moyenne de la subvention est à hauteur de 250 000 $. C'est vraiment pour subventionner les infrastructures productives qui contribueraient au développement des chaînes de valeur. Ce sont des infrastructures partagées dont les bénéficiaires sont plus qu'une seule entreprise. Et puis, il y aura également l'autre catégorie de subvention qui est la subvention de performance qui permettra d'appuyer les entreprises à avoir des liaisons avec les fournisseurs et les acheteurs. Permettre aux entreprises burundaises de répondre aux standards exigés par les acheteurs. Là, quand on parle d'acheteurs, on parle aussi de marché, que ce soit le marché national, régional ou même international. Alors, à travers tous ces appuis que nous allons déployer, et d'ailleurs, qui constituent presque la moitié de l'enveloppe du projet, le budget qui est derrière, c'est 48 millions de dollars. Vous comprenez bien que c'est presque la moitié du portefeuille du projet. Nous comptons toucher justement ces entreprises et c'est à travers ces entreprises appuyées que nous allons pouvoir identifier aussi les emplois qui seront créés par ces entreprises qui seront appuyées et sur la base des interventions du projet. Parce que dans les plans d'affaires que les entrepreneurs vont soumettre pour bénéficier des subventions, ils vont indiquer justement les emplois qu'ils vont créer. Nous avons des équipes expérimentées pour analyser justement les plans d'affaires et la rentabilité des projets. Pour ce qui est de la rentabilité des projets, la création d'emplois fait partie aussi de la rentabilité des projets. C'est à travers ce mécanisme que nous allons pouvoir contrôler ou suivre la création de ces emplois. Ça, c'est d'une part. J'ai bien mentionné que d'autre part, nous accompagnons les mécanismes d'accès au crédit. Il y a également la mise en place du fonds de garantie. Ça, c'est un des outils pour faciliter l'accès au crédit. Dans les dossiers des demandeurs de crédit, ils mentionnent également tout ce qui est rentabilité du projet pour lequel ils demandent leur financement. Et là, on va aussi identifier les emplois qui seront créés à travers ces projets mis en œuvre grâce au soutien de ces crédits. Mais également, à côté de ça, nous sommes en train de développer le registre électronique des sûretés mobilières. C'est aussi un autre instrument, un autre mécanisme qui va permettre aux entreprises de créer des emplois. Nous avons pas mal de mécanismes qui nous permettront, à la fin du projet, d'identifier les emplois qui seront créés grâce aux interventions du projet.
Fary GUEYE (27:51)
Je me demande, vous aujourd'hui en tant que coordonnatrice, ça fait beaucoup de choses à surveiller, j'imagine. Mais comment est-ce que ça se passe concrètement ? Parce que vous parlez des fonds de garantie, vous parlez de l'accès au financement, de la création d'emplois. Comment est-ce que vous vous y prenez ?
Beatrice NZEYIMANA (28:10)
Je ne travaille pas seule. Je suis la coordonnatrice, mais je ne travaille pas seule. J'ai toute une équipe avec laquelle on travaille. Il y a les experts de l'unité de gestion du projet. Il y a les consultants d'appui à l'unité de gestion du projet. Il y a les cabinets de gestion des subventions qui travaillent également avec nous, qui nous accompagnent dans la sélection, l'accompagnement des bénéficiaires de la subvention. Mais il y a également le FIGA qui est aussi une institution à part qui va gérer le fonds de garantie. Donc nous avons, je dirais, externalisé certains services, certaines activités qui sont gérées par d'autres structures. Mais l'unité de gestion coordonne, fait le suivi auprès des autres prestataires, auprès des autres gestionnaires de certains programmes du projet.
Fary GUEYE (29:09)
Oui, totalement. Et peut-être une dernière question sur la création de l'emploi, c'était comment est-ce que vous faites aussi pour être sûrs qu'à la fin du financement, donc en 2028, à la fin du projet, qu'un emploi qui a été créé dans ce cadre-là ne s'arrête pas en même temps que la fin du projet. Comment est-ce qu'on est sûrs qu'ils soient pérennisés ?
Beatrice NZEYIMANA (29:37)
Nous mettons en place aussi des mécanismes de pérennisation des acquis. Un projet qui est en train d'être mis en place doit aussi penser à la pérennité des actions. Nous travaillons avec l'Agence de Développement du Burundi et nous sommes en train de renforcer cette agence pour qu'à la fin du projet, elle puisse continuer le suivi et l'accompagnement des entreprises bénéficiaires.
Fary GUEYE (30:12)
Maintenant, si on va donc sur la question aussi des bénéficiaires, donc tout à l'heure vous parliez d'un quota de 6%, donc l'inclusion des bénéficiaires prioritaires qui sont donc les réfugiés. Qu'est-ce que ça change vraiment dans la conception, les obstacles que vous avez dû peut-être lever pour les intégrer réellement ?
Beatrice NZEYIMANA (30:35)
Le premier défi qu'on avait au départ, c'était le défi d'identifier justement les réfugiés. Parce que nous, la cible, ce sont les réfugiés qui exécutent des activités génératrices de revenus. Donc nous les appelons communément les réfugiés urbains, ce n'est pas nécessairement les réfugiés qui sont dans les camps de réfugiés, mais aussi nous avons beaucoup de réfugiés qui sont dans les différentes villes du pays et qui se sont intégrés là et qui exécutent aussi des activités génératrices de revenus, qui ont des entreprises. Voilà. Et puis pour les identifier, nous avons travaillé avec l'ONPRA, l'Office National en charge de l'accompagnement des réfugiés. Nous avons travaillé avec l'OIM, qui accompagne également les réfugiés et qui nous ont appuyé dans l'identification des zones d'intervention de ces réfugiés. Nous avons déjà dans notre base de données les zones où il y a la plupart des réfugiés et puis nous les rencontrons là-bas pour les sensibiliser, pour les inviter à candidater parmi les autres entreprises. Et comme nous venons juste de mettre en place la première phase, nous allons analyser les résultats de la première phase et nous allons ajuster les mécanismes pour les prochaines phases afin de pouvoir toucher également la cible du projet.
Fary GUEYE (32:17)
Donc ça c'était un des défis que vous avez rencontré sur l'identification de ces bénéficiaires-là. Est-ce que vous en avez rencontré d'autres ? Ça fait combien de temps que le projet commence ?
Beatrice NZEYIMANA (32:29)
Oui, le projet a commencé en mars 2024. La mise en vigueur du projet est en mars 2024. Ça fait un peu de temps.
Fary GUEYE (32:39)
Ok, donc depuis mars jusqu'à maintenant. Est-ce que vous avez connu d'autres défis ?
Beatrice NZEYIMANA (32:49)
Non, vraiment, parce qu'il y a des organisations professionnelles pour les femmes et il y a l'association des femmes entrepreneures avec laquelle nous travaillons. Et puis, moi, personnellement, j'ai longtemps travaillé dans l'Agence de Promotion des Investissements. J'ai longtemps travaillé dans le service de création des entreprises. Donc, même si on rentre dans la base de données des entreprises créées au niveau de l'Agence de Développement du Burundi, nous pouvons avoir notre cible facilement. Donc ce n'est pas compliqué. Et puis on dit que le Burundi n'est pas un grand pays, l'information circule très vite.
Fary GUEYE (33:31)
Et peut-être une autre question que j'avais, c'était par rapport aussi au secteur du vert et aussi du numérique. Est-ce qu'aujourd'hui, il y a certains encouragements que vous faites aux entreprises pour qu'elles se tournent vers ce secteur-là ? Est-ce que vous en faites la promotion ? Donc, tout ce qui est technologie verte, pour ne pas que les entreprises le voient plutôt comme un obstacle, mais aussi comme une opportunité de business. Est-ce que ça fait partie de vos points que vous mettez en avant ?
Beatrice NZEYIMANA (34:05)
Oui, oui, ça fait partie des priorités du projet et ça fait également partie des priorités du gouvernement. Donc le gouvernement du Burundi est en train de promouvoir le numérique, la digitalisation. Promouvoir d'abord la digitalisation de ses services et inviter les gens à travailler avec les nouvelles technologies de l'information et de la communication. C'est vraiment une opportunité, je dirais, pour le projet parce que nous visons à accompagner justement les TIC, le numérique, et le gouvernement est en train également de promouvoir ça. C'est une coïncidence qui nous permet d'avoir un terrain d'action très facile.
Fary GUEYE (34:57)
Est-ce que c'est à travers des masterclasses, des conférences, comment est-ce que vous vous y prenez pour faire aussi cette action de sensibilisation sur ce sujet ?
Beatrice NZEYIMANA (35:08)
Nous organisons des conférences, nous organisons des émissions sur les médias nationaux. Et comme nous avons aussi beaucoup d'interlocuteurs, beaucoup d'institutions avec lesquelles nous travaillons, il y a des activités séparées que nous exécutons avec les institutions. Et le plus souvent, pour ces activités, que ce soit les ateliers, les conférences, tout ça, le plus souvent, c'est médiatisé.
Fary GUEYE (35:41)
Ok, parfait. Donc il y a une bonne couverture médiatique qui permet justement de démocratiser cette information-là. Aujourd'hui, pour les entreprises qui nous écoutent, comment est-ce qu'elles peuvent rejoindre ce programme-là ? Tout à l'heure, on a parlé des critères, mais quelles sont les étapes concrètes du processus de sélection ? Et ils ont jusqu'à quand pour postuler et espérer participer à ce programme ?
Beatrice NZEYIMANA (36:05)
D'accord. Je commence d'abord par la participation au fonds de garantie partielle de portefeuille de crédit. Là, nous avons le fonds de garantie qui est géré par le FIGA, le FIGA garantit les crédits que les institutions financières ont octroyés aux entreprises. Donc les entreprises vont passer par leur banque classique habituelle pour demander les crédits. Ce n'est pas compliqué. Ce n'est pas un effort particulier que ça demande. Une entreprise qui a un projet et généralement les entreprises travaillent avec le secteur financier. Nous avons porté à la connaissance des entreprises, des banques qui, jusqu'à aujourd'hui, travaillent avec le FIGA, collaborent avec le FIGA. Donc nous en avons pour cette première phase, nous en avons déjà quatre, mais nous sommes en train aussi de sélectionner d'autres qui ont fait leur manifestation d'intérêt pour être les institutions financières participantes au fonds de garantie. C'est comme ça que nous les appelons. Vous comprenez bien que ça ne demande pas beaucoup d'efforts, que ça ne demande pas qu'on aille chercher les entreprises pour les informer qu'il y a cette garantie. On dit voilà, le fonds est là. Si vous avez un projet, si vous avez une activité à exécuter et que vous manquez de financement, approchez votre banque habituelle. Voilà les banques et les institutions financières qui sont déjà éligibles. Approchez-les, soumettez vos projets. Les projets seront analysés par ces institutions, et vous allez bénéficier du crédit garanti partiellement par le portefeuille de crédit et c'est une garantie silencieuse. Donc le bénéficiaire ne doit pas savoir de qui il a bénéficié ça. C'est pour cela que nous travaillons avec l'État pour éviter que le bénéficiaire se dise, "bon voilà mon crédit a bénéficié du soutien du fonds de garantie de l'État, je ne suis pas redevable, je peux ne pas rembourser." Nous voulons que les entreprises remboursent les crédits pour permettre au fonds de garantie de soutenir aussi le maximum possible d'entrepreneurs qui vont demander les crédits dans la même situation. Voilà, ça c'est d'une part comment nous faisons. Et puis pour les appuis directs, je vous ai dit tout à l'heure, nous médiatisons l'information, nous faisons des caravanes dans les provinces. Nous informons les gens, nous donnons le lien pour la plateforme et puis nous informons aussi qu'il y a des antennes relais dans les provinces. Même si par exemple l'information est mal captée, nous insistons sur la présence des antennes relais. Les entrepreneurs peuvent approcher nos antennes relais dans les provinces et puis ils vont les aider, les appuyer à accéder à la plateforme. Pour le moment, nous avons lancé cet appel à candidatures. Ça s'est clôturé le 6 avril pour la première phase. Nous sommes en train de faire la présélection. Après, nous allons relancer encore. Nous allons rouvrir la plateforme pour que les autres soumettent leur candidature. Au moment de la réouverture, nous allons encore communiquer ça. Je t'ai dit, on s'attendait à ce qu'on ait au moins 200 candidats à la première phase. Nous en avons eu plus de 750.
Fary GUEYE (39:46)
Non franchement, ça c'est bien.
Beatrice NZEYIMANA (39:49)
Au départ, on pensait faire six cohortes, mais si les gens candidatent à ce rythme, certes on va faire trois cohortes par an.
Fary GUEYE (39:58)
Oui, non, j'imagine, j'imagine. Mais c'est un signal très positif pour vous parce que ça montre que l'information arrive à bonne destination, mais aussi que les gens sont intéressés et que le besoin que vous adressez est prioritaire, il est validé. C'est vraiment un très bon signal. S'il reste encore deux ans avant la fin du programme, ça donne quand même déjà un bon signal sur la réussite de ce programme-là. Ça, c'est vraiment bien. Et donc aujourd'hui, selon votre rôle de coordonnatrice du projet, si on devait reproduire le PRETE, on va dire dans un autre écosystème qui est fragile, quel conseil est-ce que vous donneriez à un ou une autre de vos collègues qui commencerait ce projet ?
Beatrice NZEYIMANA (40:51)
Moi, le conseil que je donnerais, c'est de préparer les outils ou mettre en place les préalables à temps. Parce que même nous, il y a un léger retard quand même. Nous avons accusé un léger retard. Pour un projet ou programme qui commence, ça serait pour maximiser les chances de réussir la mise en œuvre. Ça serait mieux qu'on mette en place les préalables à temps. Quand je dis les préalables à temps, il y a d'abord le recrutement de l'équipe de gestion du projet. Ne pas attendre la mise en vigueur du projet pour recruter l'unité de gestion, mais la mettre en place parce que nous, c'est ce qui nous est arrivé. Donc, l'unité de gestion a été mise en place après la mise en vigueur du projet et ça prend du temps de mettre en œuvre réellement les activités du projet. Si on pouvait mettre en place l'unité de gestion avant la mise en vigueur du projet, ça serait une bonne chose. Et puis au départ, le préalable pour nous, c'était de faire un diagnostic des chaînes de valeur. Vous avez parlé tout à l'heure des chaînes de valeur que nous allons accompagner. Et puis, il fallait d'abord faire un diagnostic dans ces chaînes de valeur pour constater les défis dans les chaînes de valeur, identifier les infrastructures productives nécessaires pour développer ces chaînes de valeur. Ça, ça fait partie des préalables qui peuvent être réalisés avant même la mise en œuvre du projet. Donc si on doit mettre en place le même programme dans un autre contexte similaire au Burundi, je conseillerais que ces préalables soient mis en place à temps, que les cabinets de gestion de subventions soient recrutés en temps réel et que les subventions soient octroyées pendant le délai de vie du projet et qu'on ait également le temps d'évaluer l'impact du projet. Voilà ce que je conseillerais. Merci.
Fary GUEYE (43:02)
Et donc, peut-être pour aller vers la conclusion, quel est donc l'avenir du projet ? Est-ce que vous voulez que ça reste ancré dans l'économie burundaise, même après le retrait de la Banque mondiale ?
Beatrice NZEYIMANA (43:16)
Ce qui restera après le projet, c'est d'abord l'impact positif de ce fonds de garantie parce que nous sommes en train de garantir des crédits pour exécuter ou développer les activités dans les entreprises. Et les crédits que nous garantissons, des fois, ce sont des crédits, je dirais, à moyen terme. Ce ne sont pas des crédits remboursables en une année, souvent c'est même sur deux, trois ans, voire cinq ans. Donc voilà, ça, ça va rester même après le projet. En deuxième lieu, les infrastructures productives que nous allons mettre en place pour développer les chaînes de valeur, ça, ça va rester et nous sommes en train de travailler avec l'Agence de Développement du Burundi pour que l'Agence puisse prendre le relais après le projet et continuer à suivre, comme ça fait partie de ses missions, qu'elle puisse continuer à suivre les investisseurs, les entrepreneurs burundais qui auront bénéficié des appuis du projet, que l'agence puisse continuer à les suivre et à les encadrer. Et là, dans ses missions, l'encadrement des investisseurs, l'appui et l'assistance des investisseurs, comme nous travaillons aussi pour l'Agence de Développement, c'est une institution qui est là, qui ne va pas fermer avec le projet, mais qui continuera à faire l'appui et l'assistance des entrepreneurs qui auront bénéficié des appuis du projet. Et bien évidemment, si possible, le gouvernement pourra aussi demander un autre appui à la Banque mondiale pour appuyer encore une fois, parce que je ne saurais pas dire que notre appui sera largement suffisant si on met au regard de la phase pilote l'expression des besoins qu'il y a. Il y aura aussi d'autres programmes qui vont continuer à soutenir le secteur privé burundais, les entreprises burundaises, pour leur permettre de se développer, créer des emplois et contribuer justement à la transformation de l'économie nationale.
Fary GUEYE (45:34)
Ça c'est une belle conclusion, c'est vraiment une très belle conclusion que ce soit sur le programme ou même de cet échange parce que justement, comme vous le dites, ce sont toutes ces initiatives, tous ces mécanismes que vous mettez en place, et c'est ce qu'on vise avec ce type de programme-là. Donc je suis très ravie d'avoir pu échanger avec vous, d'avoir pu mieux comprendre le programme PRETE mais aussi de voir comment est-ce qu'il est mis en œuvre concrètement au Burundi, de savoir qui sont les différents acteurs, comment est-ce que les entrepreneurs peuvent vous rejoindre et surtout de vous mettre aussi à votre place de coordonnatrice et de savoir ce que vous faites dans ce programme-là. Merci beaucoup Madame Béatrice Nzeyimana, c'était un échange très fructueux, très riche pour moi et je l'espère aussi pour ceux qui vous écoutent. Je vais d'abord vous laisser conclure, est-ce que vous avez un mot de la fin ?
Beatrice NZEYIMANA (46:29)
C'est moi aussi qui vous remercie, Fary GUEYE. Merci pour l'opportunité, merci aussi pour l'échange. Je reste toujours disponible, même à l'avenir, si vous avez besoin d'échanger au sujet du projet PRETE, je serai toujours disponible. Je vous remercie.
Fary GUEYE (46:48)
Merci beaucoup, avec plaisir. En tout cas, j'ai hâte de voir quels indicateurs est-ce que vous présenterez à la fin de ce projet qui annonce déjà une fin positive. J'espère que ça va continuer comme ça. Et à nos chers auditeurs, donc merci de nous suivre. Et on se retrouve très vite sur Miradi Podcast. À bientôt !
Beatrice NZEYIMANA (47:08)
À bientôt !
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